Pour une Santé Intégrative et Complémentaire basée sur la recherche

Si aux Etats-Unis où l’impératif économique a commencé à libérer voire institutionnalisé les médecines dites alternatives et complémentaires pour qu’elles soient progressivement intégrées au parcours des patients qui le souhaitent, ailleurs le corporatisme (tyrannie) médical prévaut. Le chemin est très long pour une reconnaissance des bienfaits de ces médecines/thérapies, dont certaines existent depuis des millénaires, qu’elles étaient jusqu’à il n’y a pas si longtemps la seule possibilité de se soigner et que la recherche médicale investigue pour trouver dans les pharmacopées traditionnelles les substances médicamenteuses d’avenir.

En France notamment, le terme de médecine est réservé aux seules disciplines reconnues par la science. Toutes les autres médecines sont considérées comme des pseudo-médecines et sont de ce fait appelées thérapies pour qu’il n’y ait aucune confusion possible. Si certaines disciplines comme l’homéopathie ont co-existé avec la médecine orthodoxe pendant quelques années et se fondent sur un corpus très rationnel et structuré à défaut d’être purement scientifique, la faiblesse des preuves scientifiques apportées jusqu’à présent pour démontrer son efficacité par rapport à un placebo relègue sa philosophie et son système à de la pseudo-science. Le raisonnement est le suivant : si une pseudo-science donne naissance à une médecine, c’est une pseudo-médecine, donc elle en soigne pas. C’est un raccourci extrême avec lequel il faut vivre à l’heure de toutes les intolérances.

Le Centre National pour la Santé Intégrative et Complémentaire Etatsunien, le NCCIH (National Center for Complementary and Integrative Health), définit le cadre dans lequel il évolue de la manière suivante :

La santé intégrative est un état de bien-être du corps, du mental et de l’esprit qui reflète les aspects de l’individu, de la communauté et de la population.

NCCIH (National Center for Complementary and Integrative Health)

Cet état de santé est affecté par :

  1. Les facteurs biologiques et les comportements individuels, les valeurs sociales et la politique publique
  2. L’environnement physique, social et économique
  3. Un système de soins intégratf qui implique la participation de l’individu dans l’équipe de soins en appliquant un large spectre d’approches thérapeutiques et préventives.
  • Si une pratique de santé non orthodoxe (« mainstream ») est utilisée avec la médecine conventionnelle, elle est considérée comme « complémentaire »
  • Si une pratique de santé non orthodoxe (« mainstream ») est utilisée à la place de la médecine conventionnelle, elle est considérée comme « alternative ».

La santé intégrée rapprochent souvent les disciplines conventionnelles et complémentaires d’une manière coordonnée. Elle met l’accent sur l’approche des soins et du bien-être holistique et centrée sur le patient.

NCCIH

Il a identifié les thérapies complémentaires suivantes :

Il a catégorisé les différentes approches en :

  • produits naturels (herbes, vitamines et minéraux, probiotiques),
  • pratiques corps et esprit (yoga, chiropraxie, ostéopathie, acupuncture, méditation, relaxation, qi gong hypnothérapie)
  • les systèmes complets alternatifs (ayurvéda, médecine traditionnelle chinoise, homéopathie, naturopathie, médecine fonctionnelle).

Une partie des approches thérapeutiques constituant une alternative à la médecine conventionnelle ou orthodoxe a parfois plusieurs millénaires d’existence et est constitué d’un corps de théories et de pratiques rationnelles. Leur efficacité a été démontrée en cabinet privé et confirmé par l’engouement récent. Pendant longtemps, ces pratiques étaient tolérées tant qu’elles ne marchaient pas sur les platebandes des systèmes institutionnels, qu’elles ne promettaient pas de « guérir », qu’elles n’empêchaient pas de traiter de graves maladies par la médecine orthodoxe et qu’elles étaient dépourvues d’effets secondaires. Selon la définition très étroite des autorités sanitaires, guérir est l’apanage des systèmes institutionnalisés et rendrait de fait l’auto-guérison illégale !

Le problème aujourd’hui c’est que nous vivons une triste période marquée par les conservatismes et les intolérances. Les scientifistes, les sceptiques et l’industrie pharmaceutique organisent une réponse en règle visant à progressivement interdire toute pratique alternative ou complémentaire, comme on interdit de penser autrement que par les valeurs orthodoxes. Source couvert d’argumentation scientifique, on méprise ces pratiques comme étant basée sur des superstitions et culpabilisent les patients, trop crédules pour savoir ce qui leur fait réellement du bien.

La réalité est un peu différente et mérite qu’on s’y attarde.

D’abord il n’y a absolument aucune raison que la santé soit le pré gardé d’une médecine unique fusse-t-elle basée sur la science. Il appartient à chacun de choisir comment il veut se soigner ou s’illusionner si cela plaît aux détracteurs des médecines. Comme dans l’économie libérale qui s’est depuis longtemps imposée pour de bonnes et de mauvaises raisons, il n’y a absolument aucune raison que de fausses pratiques de santé (celle qui n’apporte aucun réconfort, aucun bien-être ni aucune guérison) ne perdurent. Si certaines personnes naïves peuvent se tromper, il est plus rare, sauf manipulation de grande envergure qui n’épargne malheureusement pas la communauté scientifique, qu’un grand nombre de personnes s’y perde très longtemps. Mais je comprends que ce point de vue soit discutable.

Que reproche-t-on à ces pratiques ? On les accuse de se baser sur des théories fantasques et de dépendre exclusivement de l’effet placebo.
Oui, tous les systèmes de santé se basent sur des théories et de concepts souvent archaïques, fondés sur le bon sens et leur perception passée. Il ne faut pas beaucoup d’effort intellectuel pour rapprocher nos connaissances actuelles, qui sont loin d’être parfaites, et ces systèmes archaïques. La médecine traditionnelle chinoise offre des pratiques diagnostiques et des objectifs thérapeutiques très actuels, malgré le concept énergétique si peu clair aux yeux des occidentaux. Les « manifestations extérieures des organes », si elles montrent les limites des connaissances anatomiques des médecins de l’époque, démontrent au contraire une maîtrise à un niveau macroscopique des mécanismes physiologiques et surtout l’interaction entre les différents systèmes d’organes aussi bien du point de vue physiologique que pathologique.
Or, c’est précisément le degré d’abstraction du système qui leur a permis d’appréhender ce que nos connaissances micro-biologiques nous empêchent désormais de voir … Un modèle abstrait, même imparfait ou partiellement erroné, permet de définir des outils diagnostiques et des objectifs thérapeutiques tout à fait valables en pratique. A contrario, on peut reposer sur la science la plus dure, avec des connaissances détaillées de mécanismes physico-chimiques de l’organisme et ne pas être capable de tirer de grands principes, ni des thérapeutiques qui puissent soigner la plupart des maux avec le minimum d’effet secondaire.
Notre médecine orthodoxe est ainsi très performante pour sauver notre vie dans des cas extrêmes qui la rend indispensable, mais elle échoue à prendre en charge intelligemment, sans nous empoisonner avec une chimie toxique, les maux de tous les jours. Cette perception n’est pas une question idéologique mais un constat alarmant qui a conduit de plus en plus de patients à se tourner vers des systèmes de santé plus respectueux du patient et de l’environnement. C’est un mouvement inéluctable et toute résistance semble vaine.
L’homéopathie, comme la naturopathie qui s’est développée à la même époque, a développé des principes de santé fort raisonnables qu’il conviendrait d’écouter plus souvent, sans se focaliser sur les remèdes qui seraient forcément et uniquement du placebo car trop dilués. On mesure la plausibilité de l’effet thérapeutique de l’homéopathie à travers le prisme actuel, non dépourvu d’idéologie, et persuadés que les connaissances scientifiques et les technologies du moment présent sont parfaites. Mais les véritables experts, les véritables scientifiques œuvrant au quotidien, savent très bien les limites de leurs connaissances (par exemple en immunologie, ou en endocrinologie). Fonder la chimiothérapie sur ces connaissances parcellaires n’est pas dépourvu ni de prétention ni de danger pour les patients.

Pour ce qui est de la recherche scientifique, les thérapies alternatives ont des obstacles intrinsèques qui sont difficiles à lever : les thérapies elles-mêmes sont trop complexes, exploitent de manière intrinsèque la qualité de la relation thérapeute-patient et sont trop individualisées pour être objectivables par les protocoles scientifiques en vigueur (il s’agit pas ici d’une molécule chimique unique à tester). Il est très difficile d’avoir une cohorte assez importante pour donner une force suffisante à l’étude, les études ne sont jamais prioritaires en matière de financement public ce qui les fait dépendre trop souvent d’une financement privé marginal de la part des fabricants d’homéopathie par exemple, qui peut donc introduire des biais. Le faible financement donne lieu inéluctablement à des études de très faible qualité. Et comme les ressources limitées poussent trop souvent à préférer les méta-analyses (l’analyse d’études passées) à travers du prisme statistique et probabiliste, au détriment des études cliniques infiniment plus coûteuses, les thérapies alternatives n’ont pas fini d’être l’objet de railleries … Mais cela ne signifie pas qu’il faille baisser les bras, ni qu’aucune recherche ne doive être menée, ni qu’il n’existe aucune étude sérieuse mettant en avant une plausibilité à défaut de pouvoir clairement démontrer des hypothèses. Les études cliniques se multiplient, d’une qualité pas toujours optimale pour les raisons évoquées mais c’est un début. Or l’interdiction des ces thérapeutiques risque d’entraîner l’arrêt immédiat de toute recherche à leur sujet, ce qui nous empêchera d’en apprendre davantage et des les utiliser à bon escient.

Par ailleurs, les détracteurs de l’homéopathie, notamment ceux qui travaillent directement ou indirectement pour l’industrie pharmaceutique traditionnelle, ne comprennent pas que des remèdes naturels, notamment ne soient pas soumis aux même règles strictes que les médicaments. La raison est très simple : les médicaments chimiques sont des substances foncièrement toxiques (il suffit de lire les notices qui les accompagnent) qui engendrent toutes sortes d’effets secondaires d’importance variable. Le but d’une mise sur le marché graduelle et strictement contrôlée c’est pour évaluer que le bénéfice attendu l’emporte de manière significative sur le risque. Et même avec ces protocoles standardisés et toutes les études qui sont faites, chaque année des médecins éclairés publient la liste des médicaments qui n’ont aucune vraie efficacité lorsqu’ils ne sont pas tout bonnement nocifs !
Or, la grande majorité des remèdes naturels et homéopathiques sont dépourvus d’effets secondaires sévères, c’est même leur raison d’être et un des axes des critiques. Nous sommes si aveuglés par nos pratiques erronées, qu’il nous serait impossible d’imaginer qu’un remède puisse être actif et avoir un effet thérapeutique sans avoir d’effets adverses … Parce que justement certains les considèrent comme des placebos sans aucun effet, qu’il n’est pas raisonnable d’avoir les mêmes exigences que pour une substance potentiellement toxique.
Par ailleurs, toute nouvelle molécule est protégée par un brevet qui assure à l’entreprise qui l’a découverte d’empocher des bénéfices. Or, les remèdes naturels par définition ne peuvent pas être brevetés, et c’est la raison pour laquelle leur production est réservée aux petits laboratoires. Sinon cela fait longtemps que les grands groupes pharmaceutiques auraient fait main basse, comme les géants de l’agro-alimentaire américains tentent de le faire pour des mécanismes naturels avec beaucoup d’hypocrisie et de malhonnêteté … Tous ceux qui défendent le principe d’une même procédure d’autorisation n’essayent que de condamner ces remèdes à ne plus pouvoir être testés et donc être vendus pour des raisons parfaitement malhonnêtes. C’est l’approche qui a été choisie par l’industrie pharmaceutique aux Etats-Unis qui a conduit la FDA à énoncer de nouvelles règles si contraignantes qu’aucun remède homéopathique ne pourra plus être autorisé sous peu !

Nous avons discuté le placebo ailleurs. Le placebo ne peut pas être considéré comme neutre puisque seul il peut avoir des effets curatifs considérables (entre 20 et 70% selon les modalités). Aujourd’hui l’unique manière, l’étalon or des protocoles scientifiques, est de démontrer scientifiquement la valeur d’une thérapeutique en la comparant soit à un remède reconnu efficace pour soigner une maladie (ce qui exige un niveau de certitude déjà difficile à atteindre), soit à une substance ou à un protocole de soins assez neutre pour être représentatif de l’effet placebo. Ceci s’avère plus complexe qu’il n’y paraît, surtout pour les protocoles où le thérapeute a un rôle actif et non une substance …
Sans aller à nouveau dans ces détails, il ne fait aucun doute que toutes les approches thérapeutiques bénéficient de l’effet placebo. Personne de raisonnable ne nierait ce point, et c’est enseigné dans toutes les écoles sérieuses de thérapies alternatives ou complémentaires. L’idée de base est donc de trouver un moyen de réduire au maximum dans les protocoles d’essai la possibilité de l’effet placebo. Mais comment quantifier la part du placebo (et de l’auto-guérison) et de l’approche alternative étudiée ?

En matière de clinique, et dans le cadre strict de pratiques qui ne provoquent pas d’effets secondaires, la priorité c’est le bien-être du malade et par conséquent de la subjectivité de ses perceptions.
Le malade possède une force d’auto-guérison qui est même le concept de base autour duquel s’articule un grand nombre de thérapies (médecine traditionnelle chinoise, naturopathie occidentale). Cette force est parfois insuffisante, pour des raisons diverses, pour rétablir la santé optimale de manière spontanée (en MTC, on parle par exemple d’énergies nocives pestilentielles où la virulence des agents pathogènes l’emporte même sur des niveaux de résistance adéquates). C’est à ce moment, et à ce moment seulement, qu’une action extérieure devient importante en complément de toute action capable de redonner la force d’auto-guérison à l’individu.
Plus cet état de santé se dégrade vite, plus il devient indispensable de fournir une aide extérieure rapide, qui dans l’idéal se voudrait la plus douce possible (principe de l’homéopathie), la moins invasive et la plus naturelle possible (principes de la naturopathie). Lorsque vient ce moment, et en fonction du caractère d’urgence, on doit pouvoir recourir à des remèdes allopathiques en commençant par l’aromathérapie et la phytothérapie (qui ont toutes une visée allopathique il faut le rappeler, car elles se basent sur des théories antagonistes : molécules antipyrétiques, anti-inflammatoires, etc.), avant de décider d’administrer de nouvelles molécules chimiques violemment suppressives de symptômes, brouillant potentiellement le tableau clinique ou déplaçant le problème ailleurs, telles que préconisées systématiquement par la chimiothérapie allopathique.

Ce faisant, il est possible d’évaluer la qualité de l’aide apportée dans certains cas avec un degré d’assurance suffisamment élevé, appelons ça la plausibilité d’effet clinique, en absence d’un protocole scientifique très élaboré et de preuves scientifiques fortes, qui permettent de s’intéresser et d’appliquer une thérapeutique pour rétablir la santé d’un individu.
Dans une étude homéopathique de force faible (cohorte insuffisante), on a donné un remède homéopathique individualisé à des malades pour qui le médicament standard n’a apporté aucun soulagement sur une longue période. La très grande majorité des malades ont vu leur état s’améliorer vers la guérison (disparition totale des symptômes) avec le remède homéopathique. La qualité de l’étude était insuffisante, mais on ne peut pas décemment imputer au seul effet placebo l’amélioration constatée objectivement. Une raison évidente c’est que l’effet placebo reste important quel que soit le remède donné, à fortiori si le rapport entre les malades et les professionnels de soins est impliqué. Or, aucune amélioration n’avait été apportée par le médicament de référence sur une très longue période, et ce malgré l’effet placebo qui aurait dû fonctionner pleinement en sa basant sur l’autorité des médecins ayant prescrit initialement ce médicament.
Par ailleurs, à moins de ne recruter les malades sur la base de leur crédulité ou de leur conviction acquise que les remèdes alternatifs qui pourraient leur être donnés par hasard durant l’essai clinique viendraient à bout de leur maladie, le résultat obtenu, quoique statistiquement non significatif doit être considéré comme cliniquement plausible et médicalement intéressant.
Dans cet exemple on voit bien que si on place le bien-être du patient au centre de l’équation, les résultats cliniques obtenus devraient pouvoir l’emporter sur les statistiques et, dans ce cas précis, le rôle du placebo devrait être minoré dans le contexte de malades au long cours. On doit pouvoir admettre aisément que si l’effet placebo est indéniable, il doit être également soumis à des limites inconnues présentement, comme des limites dans le temps. On ne peut pas admettre qu’un effet placebo, distingué de la capacité d’auto-guérison de chaque individu, puisse durer des mois ou des années. Cela impliquerait des mécanismes biologiques plus complexes que l’effet placebo.

Selon cette même logique, si un remède homéopathique ou une huile essentielle, comme on le lit parfois dans la littérature homéopathique, prétend avoir soigné un syndrome grippal en 10 jours alors qu’il aurait disparu probablement dans ce même délai sans prendre aucun remède, la démonstration est nulle et non avenue.
Mais si le cas est chronique, ayant duré des années et ayant échoué avec toute autre méthode de soin, que le malade présente une nouvelle crise aiguë d’une longue série, et que le remède rétablit le malade dans les 10 jours mais qu’aucune autre crise aiguë ne se manifeste durant des mois après cela, on peut accorder au remède (adjoint de l’effet placebo omniprésent et de la capacité d’auto-guérison de l’individu) un peu plus que le bénéfice du doute.
Il en va de même si, dans un autre cas directement et personnellement expérimenté, où le malade présente faiblesse lombaire avec 3 ou 4 épisodes de lumbagos durant près d’une semaine chacun, avec un point névralgique très localisé et qui ne cède à aucun traitement, qui voit ses symptômes disparaître en 48h après prise d’un remède homéopathique sans réapparaître, il est alors très difficile de nier l’intervention du remède dans le soulagement des symptômes et l’amélioration de la condition.
On peut toujours arguer que l’effet placebo a joué un rôle majeur, ce qu’on ne peut nier, sauf prétendre que c’est le seul effet placebo qui l’aurait guéri dans une temps inhabituellement court et de manière curieuse rejeter l’effet placebo aux tentatives thérapeutiques précédentes qui ont pourtant échoué.
Ces cas ne sont pas statistiquement significatifs, mais qu’il se reproduisent de nombreuses fois dans un même cabinet de santé, c’est que résolument la pratique elle-même, sauf croire en la magie, a sensiblement contribué aux guérisons successives. Il s’agit ici, à défaut d’une preuve scientifique incontestable qui serait exigé dans l’essai d’une molécule potentiellement toxique, d’une plausibilité suffisante en clinique pour l’intégrer dans des parcours de soins. Et si par le plus grand des hasards, cette pratique de santé montre satisfait le patient et montre une économie significative pour les dépenses de santé d’une nation, alors ne pas considérer cette pratique ou pire l’interdire par méconnaissance ou idéologie sous le faux prétexte de vouloir protéger les patients (de quoi au juste, de leur bien-être ?) c’est protéger une corporation, une idéologie et des privilèges, et cela devient une entreprise malhonnête.

Je le répéterai souvent dans ce site, je suis favorable à une approche intégrée des soins au bénéfice exclusif des malades. Pour une même efficacité supposée, entre un remède naturel enrobé dans de l’effet placebo et une nouvelle molécule enrichissant un laboratoire, potentiellement toxique pour les malades, je suis d’avis qu’il faut commencer en première intention par une thérapie non nocive, même d’apparence fantasque.
A l’heure où il n’y a pas assez de médecins orthodoxes en France, créant de véritables déserts médicaux, je soutiens évidemment la légalisation des pratiques de santé alternatives/complémentaires dans les modalités qui suivent, mais également la constitution de parcours de soins intégratifs en respectant la volonté et les principes éthiques de chaque patient.

Et pour répondre aux angoisses existentielles face à ces médecines/pratiques de santé alternatives : personne n’est fondamentalement hostile à la science médicale moderne, et encore moins à la science en général à qui l’humanité doit et devra encore des découvertes majeures. Nous sommes pour le respect du principe hippocratique : Primum non nocere (« en premier ne pas nuire »), qui s’applique aussi bien à l’individu qu’à la nature. Nous sommes pour l’usage raisonné et parcimonieux de la chimiothérapie (nouvelles molécules basées sur des connaissances physio-pathologiques toujours parcellaires) quand toute autre solution moins toxique n’a pas pu soulager un malade, et pour une politique vaccinale raisonnée, démontrée, sans idéologie.
Nous sommes bien évidemment pour que la santé ne soit pas sous le monopole d’une médecine orthodoxe, qui, comme toute pratique de santé, n’est pas au-dessus de toute critique, car elle est pratiquée par de simples hommes. Parce qu’elle est institutionnalisée, elle est le berceau d’une idéologie corporatiste d’un autre temps qui trop souvent protège ses intérêts plutôt que ceux des patients. Elle n’est ni dénuée de danger ni d’échecs notables qu’il faut regarder en face, et par dessus tout, elle dépend indûment d’une industrie pharmaceutique qui loin d’être centrée sur le malade, pensera toujours davantage à ses bénéfices commerciaux, elle qui a démontré à de nombreuses reprises sa capacité à manipuler les résultats de ses études et d’influencer à son avantage les politiques nationales en matière de santé.

Nous sommes favorables à une formation ouverte à tous de 2 ans en matière de santé, quin pourrait être appelée Praticien de Santé Intégrative et Complémentaire (PSIC), enseignant aux futurs praticiens les bases de la recherche scientifique (comment juger de la qualité d’une étude, les particularités et difficultés relatives aux pratiques de santé alternatives, le point sur la recherche actuelle), les bases d’anatomie et de physio-pathologie, de diagnostic différentiel (pour identifier en toute autonomie las cas d’urgence médicale absolue), de botanique (ignorée dans le cursus orthodoxe), de chimie organique, de science de la nutrition (actualisée et non basée sur les principes éculés des autorités de santé), de philosophie de la santé, ainsi que les bases théoriques des différentes approches existantes. Ce cursus fondamental servirait de base aux études futures de spécialisation d’un ou deux ans selon la discipline, en thérapies naturelles dont le contenu aura été standardisé (c’est déjà le cas dans certaines, comme la MTC) et poursuivi dans les écoles existantes. Ce cursus devra être accessible à tous, à distance comme en stages présentiels, pour que la méthode de livraison des cours ne soit jamais un obstacle aux personnes intéressées à la santé intégrative et complémentaire.
Il servira également de garantie de l’acquisition des connaissances biologiques de base, et permettrait un meilleur dialogue avec le personnel médical orthodoxe en même temps qu’offrant un statut légal et une protection à une profession de santé, en vue de prodiguer des soins de première intention et permettre un parcours de soins coordonné.
Parce que de nombreux centres de formation privés existent et offrent des cours de qualité prévoyant l’acquisition de connaissances de bases scientifiques, un test devrait être disponible pour favoriser la validation des
acquis. Idéalement ce cursus aurait une portée européenne, renforçant les liens entre praticiens de santé de tous les pays et favorisant la libre circulation des compétences en matière de santé intégrative et complémentaire.
Cette formation pourrait être gérée par un Centre Européen pour la Santé Intégrative et Complémentaire (voir ci-dessous) qui soit articule les pratiques des centres nationaux et qui mette les ressources en commun pour arriver à une meilleure compréhension des pratiques de santé alternatives.

Nous plaidons donc pour une approche intégrative de la médecine basée sur la complémentarité des thérapies au bénéfice des patients, sur la base des principes énoncés précédemment. Parce qu’aucune de ces pratiques n’est foncièrement nocive, qu’elles ont pour certaines une longue histoire et sont basées sur des principes et un système complet rationnels et plausibles à défaut d’être scientifiques et prouvés par la science, ces pratiques doivent pouvoir être évaluées au fil des progrès techniques et scientifiques.
Pour ce faire, toutes ces pratiques ne doivent pas être interdites, mais encadrées et étudiées sur le long terme par un organisme indépendant de la médecine orthodoxe et des intérêts politiques et économiques, composé d’équipes pluridisciplinaires issues de la recherche publique et de la pratique de santé complémentaire et alternative. Cet organisme devra mettre à la disposition de cet organisme des moyens humains et financiers suffisants pour que les pratiques de santé soient l’objet de recherches scientifiques systématiques de qualité. Appelons cet organisme : le Centre National pour une Santé Intégrative et Complémentaire.

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