Extraits traduits du Prescriber, troisième édition.

Une fois trouvé le remède qui correspond au cas, il reste à déterminer l’atténuation (dilution), la dose et la fréquence de répétition. Sur tout cela le dogmatisme est déplacé, et l’expérience de tout un chacun est son meilleur guide. Mais quelques directives sont nécessaires avant que l’expérience soit disponible, et c’est cela que j’ai essayé de donner.

En ce qui concerne l’atténuation, ma propre expérience me laisse à penser que toutes les atténuations, depuis la teinture-mère jusqu’à la plus élevée, sont curatives, tant que le choix du remède est correct. Lorsque la similarité est très proche entre les symptômes du remède et ceux du patient, l’atténuation ne peut jamais être trop élevée pour guérir, et plus elle est élevée plus la guérison est susceptible d’être permanente. Mais la question de l’atténuation est secondaire à la sélection du remède.

L’atténuation

Après chaque nom de remède se trouvera le nombre de l’atténuation recommandée. Lorsque plusieurs atténuations sont jugées également efficaces, les nombres des plus basses et des plus hautes atténuations sont données, et une barre est placée entre les deux… Lorsque le choix repose seulement sur deux remèdes, les deux nombres sont séparées par « ou ». Lorsque aucun signe ou nombre ne suit le nom du remède, c’est la substance pure qui est suggérée.

La dose

Dans tous les cas où il n’est fait aucune mention de la dose, on suggère une goutte de teinture ou bien une pilule ou comprimé. Le choix entre teinture, pilule ou comprimé c’est juste par commodité. Lorsque les teintures sont préférées, une goutte jusqu’à une cuillère à café ou une cuillère à dessert d’eau correspond à la dose adéquate. Ou bien si c’est donné en poudre, une goutte dans la quantité de lactose nécessaire. L’eau distillée, ou l’eau bouillie, est préférable à l’eau du robinet.
Lorsque les triturations sont suggérées, c’est toujours indiqué par le nombre de grains pour chaque dose, suivi par le nombre de l’atténuation. Par exemple, « Silic. 3, gr. hi. » signifie trois grains à la troisième trituration de Silice. Les triturations peuvent être données sèches sur la langue ou suspendues dans l’eau, selon la préférence du patient.

La répétition des doses

Pour la simplicité et l’uniformité, les répétitions d’une dose sont données en termes d’heures ou de minutes. Après le nom du remède avec son atténuation, « 1 h » signifie que le remède doit être donné chaque heure, « 10 mn » chaque dizaine de minutes.
Dans les cas aigus, Hahnemann recommande que le remède soit donné à des courts intervalles et dans les cas chroniques à des intervalles prolongés. La règle édictée était de donner une dose pour les cas chroniques et d’attendre jusqu’à ce que ses effets soient épuisés. Ceci peut être fait dans certains cas, mais dans d’autres c’est bien de répéter la dose à de courts intervalles jusqu’à ce que les effets escomptés se produisent, à partir de là on attend que l’action s’épuise avant de répéter. Si les mêmes symptômes reviennent, le même remède doit être répété. S’ils changent, un remède différent doit être trouvé.

L’heure du jour

La meilleure heure pour donner un remède (lorsque la répétition de la dose n’est pas trop fréquente pour permettre un choix) c’est entre une heure et une demi-heure avant le repas. En prescrivant un remède toutes les six heures (quatre fois par jour), la première dose sera prise au lever, la seconde une heure avant le déjeuner, la troisième une heure avant le souper, et la dernière au coucher. Exception peut être faite dans le cas des basses atténuations d’arsenic et de fer qui doivent être données immédiatement après le repas.

L’alternance

C’est une pratique qui doit être évitée. Si deux remèdes semblent presque également indiqués, c’est mieux de se décider pour l’un ou l’autre et de le donner. Lorsque le prescripteur a observé si celui-ci a répondu aux attentes ou pas, il pourra décider s’il est opportun de donner l’autre. Donner les deux en même temps détruit la valeur de l’observation et tend à affaiblir la capacité du prescripteur à diagnostiquer un remède.

Le sommeil

Excepté en cas de troubles aigus dangereux, le malade ne devra jamais être réveillé pour prendre son remède. Quand cela est nécessaire, il est souvent possible de le donner sans réveiller le patient.